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Présentation

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Il y a dans l’art une force prophétique d’Eveil, et une force thérapeutique au service de la connaissance de soi et de la guérison de l’Etre.

Peindre, c’est entrer dans l’espace nu, vide, inconnu de la toile et me découvrir en corps à corps avec un Ange mystérieux chargé d’éveiller la beauté cachée au lieu même de la blessure.

Toutes les couleurs sont déjà là tissées à l’envers du métier de ma vie et je dois plonger, forer au cœur des abysses et des cieux, dans mes jours sombres, mes heures paisibles ensoleillées et mes nuits étoilées, le fil d’or de l’étoffe qui attirera à lui seul tous les autres. Il viendra composer à l’endroit une part du mystère dont la part manquante constitue la trame du désir.   

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Je peins sur du manque, émerveillée qu’il contienne en secret la plénitude d’une beauté intacte, qu’une unité réparatrice dévoile.

Peindre en quittant la forme objective, pour entrer dans l’exploration du monde intérieur, au-delà du langage.

Embrasser l’Ouvert, signe d’un chemin inépuisable vers cette beauté secrète, jaillissante, offerte aux détours des formes et des couleurs dont le chaos apparent recèle pourtant un mouvement de danse, unique. Un soulèvement fait chanter la toile dans la résonnance à un tressaillement, une arrivée à bon port, un acquiescement à plus grand que soi, une jubilation qui éclate ou chuchote en sourdine.

« La voie est une, les chemins sont multiples ; il y a les chemins de terre, de terres promises, faites d'exil et de retours ; il y a les chemins de mers, de tempêtes, de naufrages et d’îles aux trésors incertains; il y a les ascensions célestes, les envols et les chutes icariennes, mais aussi l’Assomption sans retour ; il y a les chemins de feu où le voyageur est consumé sur place ou renaît de ses cendres, tel le Phénix, laissant à la nuit sa provision d’éclairs. Autant de métaphores à penser et d’aventures à vivre, pour aller, au-delà de ce qui nous enferme, nous clotûre, sans jamais pouvoir nous contenir, vers "l’Échappée belle" du psychisme ou de l’âme qui, dans l’adhésion à ses limites, s’est ouverte à ce que la mort ne saurait définir. » Jean-Yves Leloup